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cinephil
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Recueil de textes universitaires sur différents thèmes reliés à l'univers du cinéma.
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16.01.2008
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Mon Oncle Antoinne (Québec)

Mon Oncle Antoinne (Québec)

Posté le 17.01.2008 par cinephil
Mon Oncle Antoine
Claude Jutras
Drame, 1971, 1h 50min.

Par Philippe Beauregard

Ce film reconstitue l’ambiance qui pouvait régner dans les villages miniers du Québec dans les années 40. L’action à lieu la veille ne noël, seul jour de l’année où la mine ferme ses portes et où les villageois ouvriers oublient leur misère et prennent le temps de s’amuser. Benoît, jeune homme de quinze ans, travaille au magasin général du village. Il apprend en observant les « grands » et commence à découvrir les joies et les peines de la vie d’adulte. L’ambiance festive se trouve quelque peu brisée lorsqu’un jeune atteint de fièvre meurt dans un village avoisinant. Benoît se propose d’accompagner son oncle Antoine dans l’expédition pour aller chercher le corps du jeune. Le père de ce défunt est parti tenter de mieux gagner sa vie à la ville et la mère est seule avec la charge de ses autres enfants et de cet inattendu trépas. L’alcoolisme de l’oncle Antoine emmènera des complications sur le chemin du retour.

Mon Oncle Antoine, qui a été nommé meilleur film canadien au festival international du film de Toronto en 1984, est encore aujourd’hui considéré comme l’une des meilleures réalisations du cinéma québécois. Réalisé dans une époque ou les longs métrages tournées au Québec recevaient en général peu de reconnaissance, ce qui donnait du fil à retordre à la production québécoise, ce film à aussi donné de l’espoir au cinéma québécois. Jutras pose un regard critique sur la nature des relations entre francophones et anglophones à l’époque ; la majorité des personnages sont des ouvriers canadiens français alors que les protagonistes anglophones sont les patrons et les contremaîtres de la mine. De manière plus générale, plusieurs clin d’œils sont adressés à la société de consommation, souvent en lien avec la religion catholique. Je pense au patron de la mine, dans son chariot lugubre, distribuant ses « bèbèles », donnant une image plutôt sombre du père noël. Où encore à la crèche dans la vitrine du magasin général, qui rappèle le passage de la bible où les vendeurs sont installés dans le temple. D’ailleurs Jutras s’acharne à démontrer l’omniprésence de l’église en cette époque, et de son ennemi pernicieux qui est tout aussi présent, sinon plus, le diable en bouteille, l’alcool, qui sera d’ailleurs la cause du grand nœud dramatique de ce film. Et puisque les québécois aiment à se souvenir des histoires qui finissent mal, ce nœud restera noué, c’est du moins l’impression qui s’en dégage car si la fin du film est plutôt ambiguë, une chose est certaine, il ne s’agit pas d’un happy end.



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