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cinephil
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Recueil de textes universitaires sur différents thèmes reliés à l'univers du cinéma.
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15 février 1839 (Québec)

15 février 1839 (Québec)

Posté le 29.01.2008 par cinephil
15 février 1839
Pierre Falardeau
Drame historique, 2001, 1h54min.

Par Philippe Beauregard

Ce film relate de la vie des patriotes incarcérés dans les prisons anglaises au lendemain de l’insurrection de 1838. Huit cent d’entre eux sont enfermés à la prison de Montréal, parmi lesquels une centaine sont condamnés à mort. Le matin du 14 février 1839, Chevalier DeLorimier et Charles Hindeland, deux figures de proue du mouvement patriote au Québec, apprennent qu’ils sont du nombre des condamnés et qu’ils seront pendus le lendemain aux petites heures. Ce film est celui des 24 dernières heures de ces deux personnages et de ceux qui les entourent dans leur unité carcérale, de leurs espoirs et de leurs craintes, de leurs amours et de leurs haines. Ce sont aussi les derniers moments de DeLorimier en compagnie de son épouse. En plus de dresser un portrain général du discours patriotique québécois, 15 février 1839 s’intéresse à représenter les conditions de détention qu’on réservait aux patriotes.

Le tournage de 15 février 1839 avait pour avantage de n’avoir que trois lieux de tournage ; l’intérieur de la prison, qui fut tourné en studio, l’extérieur de la prison, tourné à la citadelle de Québec, et le plan initial d’introduction, tourné à l’extérieur dans une petite reproduction d’un village colonial d’époque. Ce plan est d’ailleurs l’un des plus complexes du film ; il s’agit d’un plan séquence qui nécessitait une coordination extraordinaire puisqu’une vingtaine de figurants uniquement passent et repassent devant la caméra de façon à donner l’impression d’une foule d’une centaine d’actants. Dans un souci de témoigner le plus fidèlement possible des conditions de détention des patriotes, Falardeau est allé jusqu'à tourner en studio les portes ouvertes en plein hivers de manière à obtenir jusqu’à la buée qui s’échappe de la bouche des protagonistes dans le froid de la prison. À l’opposé de la majorité des productions commerciales, 15 février 1839 n’est pas très découpé et progresse dans un rythme lent quoique adapté au thème. Même s’il s’agit d’un film qui relate d’événements historique, Falardeau se défend d’en avoir fait une œuvre moderne et actuelle. Entre autres, pour la place qu’il à donné à certains personnages de nationalités différentes, il propose un discours sur les conditions actuelles de l’immigration au Québec. De cette façon, autant par les propos plus actuels qu’il tient que par les événement historiques auxquels il fait référence, 15 février 1839 est une fiction entretenant un lien étroit avec le documentaire. Falardeau profite aussi de la question de l’insurrection, de la colonisation et de la vie carcérale pour proposer un discours sur la liberté qui, rappelons le, n’est pas une marque de yogourt.



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